Soutien aux commerçants : les bons d’achat bricolés par Dayot, c’est non !

Soutien aux commerçants : les bons d’achat bricolés par Dayot, c’est non !

Notre groupe a eu à se positionner sur la délibération numéro 32 présentée au conseil municipal du lundi 2 juin 2020.

Après lecture du document, il apparaît que les informations en notre possession, issues du rapport de présentation de la délibération, sont lacunaires et incomplètes.

Nous pouvons en retenir que :

1/ Cette opération est réalisée dans le cadre du programme Action Cœur de Ville et qu’elle est réservée au périmètre du cœur de ville exclusivement

2/ Les crédits utilisés sont ceux prévus pour les fêtes de la Madeleine et du festival Flamenco, à savoir 300 000 € selon la municipalité

3/ Un prestataire extérieur sera retenu pour gérer ces bons et les remboursements mais Monsieur Dayot n’a pas été en mesure de donner le nom de la société retenue

4/ Ce programme sera piloté par l’Office de Tourisme, du Commerce et de l’Artisanat

La philosophie qui se cache derrière l’opération est celle de “l’hélicoptère monnaie”, théorie débattue à l’échelon européen et qui a fait l’objet de publications notamment sur le blog de la revue Alternatives Economiques et dont la paternité est accordé à une phrase ironique de Milton Friedman, économiste. Cette théorie est défendue notamment au niveau européen mais elle a ses limites. Elle permet une relance par le pouvoir d’achat dans l’économie réelle et empêche donc la financiarisation des actifs via les entreprises dans le sens où le consommateur bénéficie directement de ces crédits ; c’est le point fort de ce genre d’actions. Mais le point faible réside dans le fait que cela ne permet pas de moduler les aides économiques en visant directement certains secteurs tels que les énergies renouvelables ou toute la filière environnementale.

Revenons à l’échelle montoise : les critiques formulées au niveau européen ont moins de sens sur un territoire municipal – quoique… Néanmoins beaucoup de questions que nous nous posons restent en suspens comme celle du périmètre des commerces concernés. Pourquoi rattacher cela au projet Action Cœur de Ville et donc limiter cette opération aux seuls commerces de l’hyper-centre ? Pourquoi ne pas limiter le recours aux bons d’achat à deux, voire trois achats par personne afin que plus de monde en bénéficie notamment les moins fortunés ? Enfin, la question des moyens financiers utilisés est importante également. 

Aussi, au niveau des critiques que l’on peut formuler, plusieurs griefs s’imposent-ils désormais :

1/ L’argent utilisé est donc celui initialement prévu pour le Festival Flamenco et les Fêtes de la Madeleine. Est-ce à dire qu’il n’y aura pas de plan de soutien pour les associations montoises ne bénéficiant pas des recettes des bodegas pour faire fonctionner leurs structures ?
Par ailleurs, le montant de 300 000 € est loin de la réalité. Nous avons donc demandé que nous soit communiqué le montant de l’enveloppe globale destinée aux fêtes de la Madeleine. Cette requête est restée sans réponse.

2/ Pourquoi seuls les commerces du cœur de ville sont concernés ? Est-ce à dire que les commerces situés à Saint Médard ou à Saint Jean d’Août par exemple ont été moins impactés par la crise sanitaire ?
Un plan plus global accordé sur un périmètre plus large aurait été plus ambitieux, il n’y a pas que le cœur de ville qui a souffert de la crise !

3/ De plus, l’absence de limitation à ce recours aux bons d’achat par foyer nous pose problème. Ce plan tel que présenté est inégalitaire socialement car, en l’absence de limitation et dans la mesure où l’enveloppe est bloquée à 300 000 €, le risque d’une surconsommation des ménages les plus fortunés est réel au détriment de foyers plus modestes. Les salariés ayant subi du chômage partiel ou ceux menacés aujourd’hui dans leur emploi ne doivent pas être lésés quant à l’accès à ces bons sous prétexte d’un pouvoir d’achat plus faible.

4/ Enfin, nous aurions souhaité adosser ce plan à une gratuité du stationnement pendant toute la durée de l’opération afin d’accroître l’attractivité du cœur de ville.

Nous avons proposé de reporter (seulement de quelques jours) le vote de cette délibération afin d’enrichir la proposition et de faire entendre nos propositions. Cela n’a pas été retenu.

C’est pourquoi nous avons d’abord demandé une suspension de séance puis décidé de voter contre cette délibération dans la mesure où :

> Tous les éléments ne nous avaient pas été communiqués en amont du conseil

> Nous n’avons eu aucune garantie sur un soutien aux associations montoises quant à une aide financière liée aux pertes de recettes à la suite de l’annulation des fêtes. Etant rappelé que l’enveloppe consommée pour les bons d’achat est celle destinée aux fêtes.

> Le périmètre du cœur de ville seul est trop restreint pour porter cette opération et ne tient pas compte des commerces situés hors zone cœur de ville

> Il n’y a pas de limitation de l’utilisation des bons. Dès lors, les ménages les plus modestes sont lésés

Nous aurions souhaité enrichir ce plan avec les propositions ci-dessus mais ce n’est pas possible dans la vision démocratique portée Monsieur Dayot qui préfère manier l’ironie plutôt que d’écouter et discuter de nos propositions concrètes. Nous regrettons que toute l’opposition n’ait pas eu autant de discernement.

Le plan tel que proposé est insuffisant et pas à la hauteur des enjeux.

La justice sociale et l’équité commerciale ne sont pas des valeurs à brader même sous forme de bons d’achat….

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